La 2e ligue de France avec
28.714 licenciés
Ils ont rarement été aussi
nombreux. Après le forfait de l'international Dimitri Dragin
(lire ci-contre), dix combattants seront ce week-end à
Toulon lors du grand rendez-vous national pour représenter
la Haute-Normandie, grande terre de judo.
BEAUCOUP DE LICENCIES
La Ligue de Normandie - avec
les cinq départements - occupe toujours le sommet du
hit-parade. Avec 28.714 licenciés cette saison (30.315 en
fin de saison dernière), elle est 2e du tableau d'honneur
derrière la Ligue Provence-Alpes-Côte-d'Azur et son énorme
bassin de population (31.242 licenciés). Il y a dix ans, en
plein cœur de « l'effet Douillet », le total normand
culminait à 32.843.
« Il y a toujours eu beaucoup
de licences mais pas toujours de gros résultats », selon
Georges Descloux, président de l'impressionnant Comité
départemental de Seine-Maritime, qui recense à lui seul
10.760 judokas (5.423 dans l'Eure).
Il est toutefois l'un des
rares Normands présents dans les instances fédérales (dans
la commission financière).
« Les compétiteurs
représentent à peine 20 % des effectifs », dit Sébastien
Mansois, cadre technique départemental et nouveau
responsable du Pôle Espoirs de Petit-Couronne.
De plus, contrairement au
reste de l'Hexagone, la Haute-Normandie peut se targuer de
ne pas voir ses chiffres dominés par le nombre de jeunes de
6 à 10 ans. « On met en place beaucoup d'actions dans ce
sens, avec des tournois, des stages », précise Mansois.
DES CADRES DE QUALITE
Si la Haute-Normandie est une
terre de judo, c'est surtout vrai par sa tradition de
formateurs de valeur. « Le pionnier fut Raymond Rossain.
Pour lui, la formation de cadres passait avant le sportif »,
rappelle Dominique Paolozzi, conseiller technique régional
pendant près de vingt ans avant de rejoindre cette saison le
siège fédéral, en tant que responsable du développement.
Depuis 2001, le Bihorellais Stéphane Frémont entraîne les
Bleus.« Chez nous, aucun club n'est dirigé par quelqu'un qui
n'a pas son Brevet d'Etat (BE) », tient à rappeler Sébastien
Mansois, « de la troisième génération de profs ». « Depuis
dix ans, onze BE sortent par an en moyenne ».
« Ça permet d'avoir des clubs partout », selon Georges
Descloux. En Seine-Maritime, il faut compter au maximum 15
km pour trouver un dojo. C'est même le cas dans le peu
peuplé pays de Bray, où Jacques Lemaitre, son premier
professeur, a su surfer sur la vague Douillet.
DE FORTES INDIVIDUALITES
David Douillet est
l'incontestable tête de gondole du judo haut-normand. La
légende rappellera qu'il a voulu suivre les traces d'un
autre Normand, Fabien Canu (né à Saint-Valery-en-Caux avant
d'apprendre le judo à Alençon), double champion du monde des
moins de 86 kg en 1987 et 1989 (lire par ailleurs). Depuis,
les Havrais Baptiste Leroy, Frédéric Lecanu (retiré des
tatamis) et Dimitri Dragin ont porté le kimono tricolore
dans de grands championnats. Ces deux derniers sont passés
par le Pôle Espoirs de Petit-Couronne, tout comme le nouveau
boss de lourds Teddy Riner. « Mais on manque de culture du
haut niveau », regrette Dominique Paolozzi. « Chez nous,
tout le monde fait son business dans son coin, personne n'a
réussi à fédérer », souligne Rodolphe Legrand, le
bouillonnant président du JC Grand-Quevilly.
« La Normandie a du mal à garder ses athlètes. » Ainsi, son
fils Ugo, vice-champion d'Europe juniors, défend les
couleurs de l'US Orléans. « Heureusement, ils restent
attachés à la Normandie. »