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Judoclic et Le Guide du Judo Jujitsu |
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LA
PHILOSOPHIE DU JUDO ET
LA MUSCULATION.
JIGORO KANO
élabora le judo jujitsu autour de plusieurs
principes fondamentaux , parmi lesquels, figure celui de
NON-RESISTANCE.
Il en fit une règle
de conduite mais aussi le pilier de sa méthode de combat. Il s'agit, pour
projeter efficacement son adversaire, de ne pas s'opposer à sa force mais de
l'utiliser à son encontre. Ainsi, plus l'assaillant sera robuste physiquement , plus son attaque sera violente ,
plus il sera facile de le mettre à terre.
JIGORO KANO nous enseigne que si un combattant
exerce une poussée avec une
force développant environ 50 kg, il faudra alors, en réalisant le pivot où la
bascule appropriée, d'utiliser cette dernière pour le faire tomber.
Cela revient à ouvrir une porte que quelqu'un pousse
violemment. Il y a de fortes chances, pour que celui-ci chute , emporté par l'énergie
qu'il aura déployé face à une résistance soudainement effacée .
Le raconte que JIGORO KANO mis au point cette approche du
combat ( et de la vie en général), en observant le comportement d'un saule
sous le poids de la neige. Ce dernier, loin de résister au poids de la neige au
risque de rompre, se plie, pour
ensuite, par un effet de ressort ,
se débarrasser en un éclair ,de celle-ci.
Cet héritage historique et philosophique, a longtemps conduit
les judokas à penser que l'usage de la force n'intervient à aucun moment dans
la pratique du judo , d'où une réticence bien compréhensible vis-à-vis de la
musculation .
Ils considèrent même que celui qui a recours à la force
pour projeter est un mauvais judoka.
Pourtant, il semble intéressant, tout en respectant l'esprit
de la discipline, c'est-à-dire
en utilisant la force de l'adversaire, d'additionner sa propre énergie à la
technique réalisée pour assurer une réussite totale de la projection.
Dès lors, un travail de renforcement musculaire n'apparaît
plus comme inutile et n'est pas contradictoire avec l'esprit du judo. Un gain de
force pourra aussi être très appréciable dans certaines phases du combat
comme la prise du kumi kata ou encore les sorties d'immobilisation.
Par ailleurs est incontestable qu'une bonne musculature préserve
des blessures, rééquilibre le squelette, et peut permettre ainsi une exécution
plus précise des techniques.
La musculation présente donc un de l'intérêt incontestable.
Néanmoins certaines règles de prudence doivent être observées.
Elle est tout à fait inadaptée aux enfants ,qui
notons le ,ne peuvent obtenir de gains de force dans la mesure où leur
système hormonal ne permet pas et qui sont particulièrement fragiles puisque
en pleine croissance.
Ce mode d'entraînement est donc réservé aux adultes. On
peut néanmoins se demander si la musculation effectuée avec grande précaution
ne peut pas s'adresser au public
des 15-17 ans. En effet à cet âge la
croissance est quasiment terminée, et Le squelette est fortement solidifié.
Or, c'est à cet âge que la morphologie se dessine, et il peut être intéressant
de profiter des mutations organiques hormonales ( forte présence des hormones
de croissance et des hormones sexuelles responsables du développement du système
musculaire) pour effectuer un travail profitable de renforcement musculaire.
Il
semble incontestable que la musculation présente de nombreux avantages.
Elle
permet un bon maintien du squelette et assure le cas échéant son rééquilibrage
.
C'est
dès lors, un traitement préventif intéressant contre les blessures .
De
plus, n'oublions pas que ce sont les muscles qui guident les mouvements et
mobilisent les articulations .
Quand
ils sont forts, le geste, la technique réalisés, sont plus justes.
Ainsi,
la musculation devient un facteur de performance du judoka.
Encore
faut-il ne pas faire n'importe quoi et rester
en adéquation avec les exigences et les besoins propres au judo.
Avant
d'exposer les différentes façons de pratiquer la musculation selon les buts
recherchés il nous faut préciser les point suivants :
1/
-Souvent, un judoka fort physiquement,
surtout si c'est le cas depuis son enfance, aura tendance à négliger
la technique puisqu'il parvient à gagner sans elle.
Il
en va différemment des autres judokas plus faibles qui devront compenser en développant
d'importantes aptitudes techniques et tactiques.
C'est
pourquoi il est conseillé de privilégier, auprès des jeunes, l'apprentissage
technique et la forme de corps. Il sera temps ensuite, de leur proposer un
travail physique, pour améliorer leurs qualités physiologiques.
Rappelons
par ailleurs, que la musculation n'est qu'un des facteurs de performance. Des
athlètes au palmarès éloquent comme David Douillet, Stephane Traineau, ou
encore Fabien Canu, sont loin d'avoir , dans leurs catégories respectives, les
meilleurs résultats en musculation.
Cependant,
tous les judokas de haut niveau font du renforcement musculaire de façon
spécifique ( sur le tapis
grâce à des exercices conventionnels et à des exercices avec le poids du
corps) , ou classique (
avec des poids et altères).
Il
faut préciser à ce propos, que plus on s'approche
des catégories lourdes, plus la musculation occupe une place importante dans la
préparation des athlètes.
Les
mi-lourds et les lourds pratiquent
plus un judo faisant appel à la force que les légers qui font un judo
plus rapide et plus rythmé. De plus, dans les catégories légères, les
combattants ont des contraintes de poids importantes difficilement
inconciliables avec la musculation. Nous verrons cet aspect plus en détail
ci-après.
2/ -De plus , devenir plus fort est
très appréciable, mais encore faut-il être capable de transférer
les qualités acquises
lors des séances de musculation dans sa pratique du judo pour être plus
efficace.
C’est
le problème central, car seule compte la force optimale, c’est à dire
la force que l’athlète va savoir exploiter en judo et donner aux techniques
et attaques réalisées.
Ses
seules performances en développés couchés ne présentent aucun intérêt.
Or,
on ne sait pas vraiment dans quelle mesure les progrès réalisés en
musculation, sont profitables en judo.
Des
études ont montré que les progrès enregistrés sur un exercice de musculation
en isométrie ne se retrouvent qu’en faible proportion sur le même exercice
effectué en concentrique ou excentrique et vice versa.
Aussi,
c’est tout naturellement que l’on s’interroge au sujet de l’impact
d’un travail en musculation sur
la force exprimée (à bon escient) dans son judo.
Pour
remédier à ce problème de transfert la plupart des entraîneurs physiques
conseillent de réaliser un gros travail judo parallèlement…………mais
dans ce cas attention au surmenage…………
Il
est en fait d’avantage recommandé de combiner judo et musculation lors des mêmes
séances d’entraînement.
On
alternera ainsi des exercices, tels les squats ou les développés couchés
,avec des exercices conventionnels judo (uchi komi et nage komi) voire des séances
technico-tactiques ou des randoris.
On
pense que la force acquise
sera ainsi immédiatement opérationnelle en judo.
3/-Enfin la pratique de la musculation doit s’accompagner d’un
certain nombre de précautions.
-
Il faudra tout d’abord insister sur le travail de la ceinture pelvienne et
abdominale ainsi que sur les lombaires .
En
effet , non seulement ces groupes musculaires protègent la colonne vertébrale
et assurent le maintien de l’ensemble du squelette ,mais en plus ils
permettent une transmission de la puissance exprimée par les membres inférieurs
vers le haut du corps et vice versa .
Il
est ensuite nécessaire de bien s’étirer lorsqu’on réalise un important
travail de musculation .
Cela
permet de conserver la souplesse des différents muscles , gage de puissance, de
contractibilité et d’efficacité .
Ensuite
on évite que les muscles ne se raccourcissent , limitant ainsi les amplitudes
articulaires et les possibilités de mouvements .
Les
étirements permettent le cas échéant de corriger les déséquilibres du
squelette causés par la présence de muscles (notamment posturaux) plus forts
et plus toniques que les antagonistes .
Enfin
les étirements facilitent le récupération musculaire en favorisant l’élimination
des toxines accumulées pendant l’effort .
On
peut par ailleurs se préserver des risques en choisissant soigneusement les
exercices de musculation que l’on va effectuer :
-
Les squatts complets sont réputés
dangereux pour les lombaires mais aussi pour les rotules qu’ils compriment .
On
leur préfèrera les ½ squatts moins traumatisant et qui font quand même
travailler les jambes dans le secteur le plus fonctionnel de l’articulation du
genou .
-
Le tirage planche (rowing
horizontal) ou le tirage haut ( rowing vertical ) .
On
s’attachera à ce que les bras ne dépassent pas les omoplates (tirage planche
) ou l’horizontale (tirage vertical) pour préserver la coiffe des rotateurs
de l’épaule .
-
On préfèrera réaliser les tractions
avec les paumes de la main qui se regardent . Ainsi les
Articulations
du coude et du poignet seront bien en ligne . On pourra , par exemple , se
suspendre à un kimono passé sur une barre fixe , ce qui permettra en plus de
travailler les doigts et les avant bras de façon spécifique proche de la réalité
du kumi kata .
-
L’idéal serait aussi de
remplacer les développés couchés par les développés avec 2 haltères
courtes et réaliser le mouvement paumes de mains se regardant .
-
Pour les biceps , on privilégiera
là aussi le travail avec haltères courtes , moins traumatisant et permettant
de corriger une éventuelle asymétrie (comme pour tous les mouvements avec haltères
courtes ) .
-
On évitera de faire la banane de
façon trop prononcée lors du travail des lombaires et on supprimera les
exercices en ciseaux ou pédalos pour les abdominaux ainsi que tous les
exercices jambes tendues ou dos cambré .
-
On pensera au pull over qui
permet d’ouvrir la cage thoracique et équilibre la musculature en cas de
travail de développés couchés .
MUSCULATION
ET PRISE DE POIDS.
C’est
le but du body building qui associe des formes d’entraînement destinées à
augmenter le volume musculaire à un régime alimentaire calorique et hyperprotéiné
.
Rappelons
qu’ici le but est d’avoir un important volume musculaire harmonieusement réparti
et que l’objectif est exclusivement esthétique .
Ainsi
le bodybuilder , pour chaque exercice réalisé ,effectue
3 à 5 séries de 6 à 15 répétitions , et récupère 1.30 mn à 3 mn
entre chaque série.
Ce
travail en résistance a pour but d’épuiser totalement le muscle travaillé
à chaque série ce qui a pour conséquence
une augmentation de son volume.
Par
ailleurs l’adepte du bodybuilding ,multiplie les exercices d’isolation
c’est à dire sollicitant un
muscle particulier qu’il matraque, plutôt
qu’une chaîne musculaire
.(Notons dès à présent ,que les mouvements de judo sollicitent de nombreux muscles
en même temps qui doivent coordonner leur action pour être opérationnel .De
ce point de vue aussi la musculation que doit pratiquer le judoka est loin du
culturisme).
Chaque
séance d’entraînement ciblera 1
ou 2 groupes musculaires ( dos et biceps ou pectoraux et triceps ou encore
cuisses et mollets….) qui seront
entraînés 2 fois par semaine.
Parallèlement
pour assurer une prise de masse musculaire rapide le culturiste observe un régime
riche en sucres lents (source d’énergie) , protéines et vitamines.
Ce
sont en effet les acides aminés qui permettent de construire du muscle .
Ainsi
ils ne se contentent pas d’une alimentation classique en sélectionnant des
aliments à forte teneur protidique (poulet , poisson , foie , veau maigre) mais
ils recourent à des solutions préparées de protéines en poudre le plus
souvent élaborées à base de protéines du lait ou de blancs d’œufs .
Enfin
pour être sur de ne jamais manquer de nutriments , le professionnel de la
musculation mange jusqu’à 8 fois par jour dont une fois la nuit pour éviter
que le jeune nocturne limite l’hypertrophie musculaire .
Il
faut aussi rappeler que l’adepte du body building évite tous les exercices
cardiovasculaires susceptibles de faire fondre sa masse musculaire .
Il
pratique un peu l’endurance pour « sécher » à l’approche des
compétitions où il devra diminuer
son taux d’adiposité au maximum pour mettre en relief ses muscles lors des
poses .
Les
plus gros n’en font même pas pour ces échéances . Ils pratiquent seulement
de grosses séries de 80 à 100 répétitions sur les différents groupes
musculaires .
De
tels objectifs et considérations sont incompatibles avec les exigences de la
grande majorité des sports et notamment du judo .
Notons
néanmoins que les body builders sont forts, même s’ils le sont moins que les
haltérophiles, et présentent de bonnes performances sur les exercices de
musculation de base .
Comment
pratiquer la musculation pour en sentir les bienfaits dans sa pratique du
judo ?
Le judo est
un sport complexe qui suppose de développer concurremment l’ensemble des
qualités physiques à savoir :
-
La vitesse .
-
La force .
-
L’endurance
.
Nous envisagerons aussi la puissance,
primordiale en judo ,et qui correspond à l’association de la force et de la
vitesse.
Rappelons
aussi qu’ il faut augmenter les capacités de l’athlète dans ces différents
secteurs sans provoquer de prise de poids car la plupart des judokas sont à la
limite pondérale supérieure de leur catégorie .
Il en va différemment
de ceux qui , changeant de catégorie , désirent prendre quelques kilos de
muscle , ou des plus de 100 kg hommes et des plus de78 kg femmes .
Dans ces cas
là , ils pourront recourir à des exercices favorisant l’hypertrophie
musculaire comme les culturistes : Séries de 10 à 12 répétitions à 70
% de la charge maximale pour permettre une congestion maximale du muscle
travaillé .
1-
LA VITESSE
-Pour développer cette qualité ,
il faudra réaliser des séries de type concentrique de 5 à 7 répétitions à 30 – 40 %
d’une répétition maximale (charge maximale que l’on peut soulever une
fois).
Une fois le
geste maîtrisé , il s’agit d’exécuter la série le plus rapidement
possible . On récupèrera environ 2 min entre chaque série .
On réalisera
3 à 4 séries par mouvement (développés couchés , tirage planche , squatt ,
dips , rowing haut , curl debout) pour un total d’environ 20 séries par séance
.On évitera toute sensation de fatigue .
-Il est aussi intéressant de
recourir au travail
pliométrique , notamment pour le bas du corps :
- départ sur un banc , sauter en contrebas
en flexion totale à l’arrivée , puis extension .
- multibonds
-lancers
de medecine ball
2- LA FORCE
-Cette
qualité physique se travaille en effectuant des séries concentriques de
2 à 6 répétitions à 85-95 % d’une répétition
maximale sans épuisement . La récupération entre les séries sera de 2
à 3 min .
On
effectuera 3 à 4 séries par
mouvement pour un total d’une vingtaine de séries sur la séance .
On
peut effectuer des séries à poids
constant : par exemple pour le développé couché ,4 séries de 6 répétitions
à 80 kg , si votre maximum sur cet exercice est de 100 kg .
Il
est aussi intéréssant de réaliser des séries en pyramide . Ainsi , on fera
une série de 6 répétitions à 80 % , puis 1 de 4 à 88%, 1 de 2 répétitions
à 94 % et 1 de 6 répétitions à 80% .
-La
musculation en isométrie présente aussi un grand interêt . Il
s’agit de maintenir pendant 5 à 7 sec une charge lourde au milieu du
mouvement : bras semi- fléchis pour les développés couchés ou les
tirages , Jambes semi fléchies pour les squatts .
A
l’issue des 7 sec on se fait aider pour reposer la barre .
Ce
type de contraction est assez proche des contraintes rencontrées par le judoka
, qui doit contrôler en permanence son adversaire ,
sauf qu’il doit être
capable d’un seul coup de lancer une attaque et de produire une contraction
concentrique .
D’où
l’intérêt du travail en statodynamique ;Au cours d’une même série
, on alternera des phases de mouvements Concentriques avec des phases où l’on
maintiendra seulement durant 4 à 6 sec la charge .
-On
peut enfin travailler en excentrique avec des charges à 120 130 %
d’une répétition maximale .
Ici
on se contentera de retenir la charge lors de la descente (développés couchés
, squatts) ou de son éloignement (tirages) . On se fera de nouveau aider pour
ramener la charge .
Mais
attention ce type d’exercice ne doit pas dépasser 25 % du volume d’entraînement
en musculation et doit se faire très encadré .
De
plus , il est très éprouvant et nécessite un important repos .
3- LA PUISSANCE
-L’idéal
en judo est de développer un maximum de force avec un maximum de rapidité .
On
parle alors de puissance . Elle résulte d’un subtil dosage entre force et
vitesse .
On
la travaille en concentrique de la façon suivante : 5 à 7 répétitions
à 50 - 70% d’une répétition maximale , en séries à charge constante ou en
pyramide , avec une récupération de 2 à 3 min entre les séries .
On
effectue 15 à 20 séries par séance à raison de 3 séries par mouvement .
-On
peut aussi travailler sur les mêmes références de charge et de repos en stato
dynamique .
-Enfin
pour développer la puissance il
est très intéressant
d’effectuer un travail en contraste de charge : il s’agit de réaliser
2 à 5 répétitions à 80 % d’une répétition maximale, et de suite , sans
repos ,de faire sur le même mouvement à vitesse maximale autant de répétitions
mais avec une charge correspondant à 40 % d’une répétition maximale .
On
observera ici à peu près les mêmes temps de récupération et la même charge
totale de travail que pour l’entraînement concentrique .
4
– L’ENDURANCE DE FORCE
-Séries
de 20 à 30 répétitions avec un total de 30 séries (4 par mouvement) avec peu
de récupération .
Tout ceci est très intéressant mais qu’en est
il du transfert en judo , de la force acquise en musculation ?
En
fait on ne sait pas bien dans qu’elle mesure
on peut exploiter en judo les lourdes séances de musculation endurées en
salle.
Certains
préconisent donc de se limiter à un
renforcement musculaire spécifique
sous forme d’uchi komi ou de nage komi .
Actuellement
les entraîneurs nationaux ont mis en place des séances combinant musculation
et judo en espérant que cela permettra aux judoka d’exploiter immédiatement
les gains de force , de puissance , de vitesse dans leur judo.
Ainsi les athlètes effectuent , par exemple , une série de tirage planche puis immédiatement des nage komi sur harai goshi ,ou des développés couchés suivis de projection sur osoto gari , ou encore des squatt suivis de répétitions sur ippon seoi nage.